Règles de la roulette
La roulette se joue autour d’une roue numérotée et d’un tapis où les mises correspondent à des numéros ou à des groupes de cases. La disposition du cylindre et celle du tapis sont différentes : l’une ordonne les numéros autour de la roue, l’autre les organise pour faciliter les paris. Chaque mise possède un paiement précis, exprimé en rapport entre le gain net et la mise initiale. Comprendre les emplacements et les paiements permet de lire une table de roulette sans confondre un numéro isolé avec une catégorie.
La roue et le tapis
La roulette à un zéro comporte 37 cases numérotées de 0 à 36. La somme des entiers de 0 à 36 est 666 ; ces nombres ne sont toutefois pas disposés dans cet ordre sur le cylindre. La roulette française utilise l’ordre conventionnel suivant : 0, 32, 15, 19, 4, 21, 2, 25, 17, 34, 6, 27, 13, 36, 11, 30, 8, 23, 10, 5, 24, 16, 33, 1, 20, 14, 31, 9, 22, 18, 29, 7, 28, 12, 35, 3, 26. Le nombre 0 est vert ; parmi les 36 autres cases, 18 sont rouges et 18 noires. L’ordre et la répartition sont ceux de la roulette européenne à un zéro, décrite par les règles françaises de casino, notamment l’arrêté du 14 mai 2007.
Le tapis ne reproduit pas la suite du cylindre. Sa grille centrale range les nombres de 1 à 36 en trois colonnes verticales et douze rangées horizontales : le 1, le 2 et le 3 forment la première rangée, puis viennent 4, 5 et 6, jusqu’à 34, 35 et 36. Les cases rouges et noires sont réparties dans cette grille, tandis que le zéro occupe une case distincte à son extrémité. Des zones extérieures portent les paris sur la couleur, la parité, les moitiés, les douzaines et les colonnes.
Les limites et les lignes du tapis servent à identifier les combinaisons. Une mise placée au centre d’une case désigne un seul numéro, appelée plein ; une mise posée sur la séparation de deux cases couvre ces deux numéros, appelée cheval. Les intersections et les bords de rangée permettent de viser respectivement quatre ou six numéros. Le croupier roulette annonce les mises et les place au point indiqué ; une pile posée sur une ligne plutôt qu’au milieu d’une case change donc les numéros concernés.
Le zéro est une case à part : il n’est ni rouge ni noir, ni pair ni impair, et ne fait partie d’aucune douzaine ou colonne. Une mise sur une catégorie qui exclut le zéro ne couvre donc pas cette case. Pour lire un tapis, il faut distinguer le cylindre, où les numéros sont disposés selon leur ordre de roue, de la grille, où ils sont rangés par groupes pratiques de trois.
Mises intérieures et extérieures
Les mises intérieures se placent sur les numéros ou sur les séparations de la grille centrale. Les mises extérieures couvrent des groupes plus larges dans les zones dédiées autour des cases numérotées.
- Plein et cheval : un jeton au centre du 17 couvre le seul 17 ; posé sur la ligne entre 17 et 20, il couvre ces deux numéros.
- Transversale, carré et sixain : la transversale couvre une rangée de trois cases, le carré les quatre cases autour d’une intersection, et le sixain deux rangées adjacentes, soit six numéros.
- Rouge ou noir : un jeton sur la case rouge couvre les 18 numéros rouges ; un jeton sur noir couvre les 18 noirs, mais aucun ne comprend le zéro.
- Pair ou impair : la mise couvre les numéros de parité correspondante entre 1 et 36 ; le zéro n’appartient à aucune des deux catégories.
- Manque ou passe : manque couvre 1 à 18 et passe 19 à 36 ; par exemple, une mise sur passe vise tous les numéros de la seconde moitié.
- Douzaines et colonnes : une douzaine couvre 1 à 12, 13 à 24 ou 25 à 36 ; une colonne regroupe les douze numéros alignés sur le tapis.
Le placement détermine la combinaison, même lorsque le jeton se trouve près de plusieurs cases. Par exemple, 5 euros placés au centre du 17 sont une mise sur un seul numéro ; les mêmes 5 euros sur la ligne 17-20 couvrent deux numéros. Sur une zone extérieure, un jeton placé dans la case « rouge » désigne la couleur, pas une rangée de la grille. Les limites imprimées sur le tapis indiquent où poser les mises multiples ; pour un pari intérieur, le croupier peut préciser la séparation visée si le jeton masque le repère.
Tableau des paiements
Les rapports ci-dessous indiquent le gain net pour une unité misée : un paiement de 35:1 signifie que 1 euro gagnant rapporte 35 euros de gain, auxquels s’ajoute la restitution de l’euro misé. Ces paiements usuels figurent dans les règles françaises de casino, notamment l’arrêté du 14 mai 2007.
| Mise | Numéros couverts | Paiement net |
|---|---|---|
| Plein | 1 | 35:1 |
| Cheval | 2 | 17:1 |
| Transversale | 3 | 11:1 |
| Carré | 4 | 8:1 |
| Sixain | 6 | 5:1 |
| Douzaine ou colonne | 12 | 2:1 |
| Chance simple | 18 | 1:1 |
À titre d’exemple, un plein gagnant de 1 euro produit 35 euros de gain net et rend la mise initiale, soit 36 euros au total. Le paiement augmente lorsque le pari couvre moins de numéros ; il ne change pas selon le numéro choisi.
Roulette française ou américaine
Le choix entre les variantes française et américaine tient d’abord à la disposition de leur roue et aux règles appliquées à certaines mises. Ces différences modifient les probabilités et la part théorique des mises conservée par le casino. En roulette française, des règles particulières peuvent aussi s’appliquer aux paris à chances simples lorsque la bille tombe sur zéro. Les annonces françaises, quant à elles, regroupent plusieurs numéros voisins du cylindre en une seule série de mises.
Un zéro contre deux zéros
La différence visible entre les deux roues est le nombre de cases vertes. Une roue française standard comporte 37 cases, numérotées de 0 à 36 ; une roue américaine en comporte 38, avec un 0 et un 00. Les taux ci-dessous sont des calculs à partir de ces dispositions et du paiement standard de 35 contre 1 pour un numéro plein (2025).
| Variante | Cases | Avantage de la maison | Source et année |
|---|---|---|---|
| Française, un zéro | 37 | 2,70 % | Calcul : 1 ÷ 37, règles de paiement standard, 2025 |
| Américaine, 0 et 00 | 38 | 5,26 % | Calcul : 2 ÷ 38, règles de paiement standard, 2025 |
| Écart entre les deux roues | Une case supplémentaire, le 00 | 2,56 points de pourcentage | Soustraction des taux calculés ci-dessus, 2025 |
Sur la roue à un zéro, une mise sur un numéro plein est payée 35 contre 1, mais le numéro gagnant fait partie des 37 résultats possibles : le rendement théorique est donc inférieur à la mise équitable. Sur la roue américaine, le paiement reste identique alors que le 00 ajoute une issue perdante. Cet effet se retrouve dans les paris simples comme dans les paris multiples, car la case supplémentaire ne participe pas à leur gain.
L’introduction de la roulette à un seul zéro est associée aux frères François et Louis Blanc à Bad Homburg en 1843, selon David G. Schwartz, Roll the Bones (2006). Cette évolution historique ne change pas le calcul : avec les paiements standards, l’écart entre les deux variantes vient du nombre de cases et de la présence du 00. Les règles locales peuvent toutefois prévoir des conditions particulières pour certains paris de la roue française.
La règle de la partage et de l’en prison
La partage et l’en prison concernent les mises à chances simples, par exemple rouge ou noir, pair ou impair, manque ou passe. Elles ne s’appliquent pas aux mises sur un numéro plein ni, en règle générale, aux autres paris multiples. Sur une roue à un zéro, elles réduisent l’avantage théorique de la maison à 1,35 % sur ces mises : ce résultat correspond au calcul 1 ÷ 74 à partir des règles standard (2025).
Avec la partage, si la bille s’arrête sur zéro, la moitié de la mise est rendue et l’autre moitié est perdue. Pour une mise de 10 unités sur rouge, le joueur récupère 5 unités ; les 5 autres sont conservées par la maison. La règle compense ainsi partiellement le fait que le zéro fait perdre une mise qui, sans cette disposition, aurait été gagnante ou perdante uniquement selon la couleur.
Avec l’en prison, la mise n’est pas rendue immédiatement après le zéro : elle reste bloquée sur la table pour le tour suivant. Si la chance choisie sort au coup suivant, la mise initiale est rendue sans gain ; si l’issue contraire sort, elle est perdue. Si un nouveau zéro survient, la mise demeure en prison jusqu’à une issue qui la libère ou la fait perdre, selon les règles appliquées à la table. Le mécanisme modifie le moment où le résultat est réglé, pas l’espérance mathématique : le taux de 1,35 % est un calcul à partir de la probabilité du zéro et des paiements standards (2025).
Les annonces : voisins du zéro, tiers du cylindre, orphelins
Les annonces françaises sont des combinaisons de mises placées selon l’ordre des numéros sur le cylindre, et non selon leur proximité sur le tapis. Le nombre de numéros couverts et de jetons indiqué ci-dessous correspond aux placements standard de ces annonces ; il résulte du comptage des mises sur le cylindre (2025).
Les voisins du zéro couvrent 17 numéros : le zéro, puis les huit numéros situés de chaque côté de celui-ci sur le cylindre. L’annonce se joue avec 9 jetons : 2 sur le trio 0-2-3 et 7 sur des chevaux, c’est-à-dire des mises couvrant chacune une paire de numéros. Les paires sont 4-7, 12-15, 18-21, 19-22, 25-26, 28-29 et 32-35. Le recoupement entre le trio et les chevaux explique que 9 jetons couvrent 17 numéros distincts.
Les tiers du cylindre couvrent 12 numéros opposés au secteur des voisins du zéro. Six jetons sont placés sur six chevaux : 5-8, 10-11, 13-16, 23-24, 27-30 et 33-36. Chaque cheval couvre deux numéros, soit 12 au total.
Les orphelins couvrent les 8 numéros restants : 1, 6, 9, 14, 17, 20, 31 et 34. L’annonce utilise 5 jetons : un sur le plein 1, puis un sur chacun des chevaux 6-9, 14-17, 17-20 et 31-34. Les deux chevaux qui comprennent le 17 se recoupent ; le décompte porte donc sur 8 numéros distincts, bien que les mises couvrent neuf positions cumulées.
La martingale et les systèmes de mise
Les systèmes de mise organisent la taille des paris en fonction des résultats précédents. La martingale est fondée sur un doublement après chaque perte, tandis que d’autres méthodes utilisent une séquence de nombres ou des augmentations plus modestes. Leur apparente régularité peut masquer une exposition qui croît rapidement lorsque les pertes se suivent. Pour les évaluer, il faut distinguer la fréquence des gains, le montant des mises engagées et les contraintes d’une table de casino. Les calculs ci-dessous montrent ce que ces progressions produisent concrètement.
Principe de la martingale
La martingale classique s’applique à un pari à chances simples, comme rouge ou noir : la première mise vaut une unité, puis elle est doublée après chaque perte. Une victoire rapporte un montant égal à la mise engagée. Le doublement est censé récupérer les pertes précédentes et laisser un bénéfice net d’une unité, à condition de pouvoir continuer la progression jusqu’à une victoire.
Le tableau indique la mise à placer selon le nombre de pertes consécutives déjà subies. L’unité peut représenter, par exemple, 1 € ; les montants de la dernière colonne deviennent alors des euros.
| Pertes consécutives avant le pari | Mise suivante | Total perdu avant cette mise |
|---|---|---|
| 0 | 1× (1 €) | 0× |
| 1 | 2× (2 €) | 1× |
| 2 | 4× (4 €) | 3× |
| 3 | 8× (8 €) | 7× |
| 4 | 16× (16 €) | 15× |
| 5 | 32× (32 €) | 31× |
| 6 | 64× (64 €) | 63× |
| 7 | 128× (128 €) | 127× |
Après sept pertes, la mise suivante atteint donc 128 fois la mise initiale. Si ce pari gagne, son bénéfice brut de 128 unités compense les 127 unités déjà perdues et laisse une unité de gain net. S’il perd à son tour, le cumul des pertes grimpe à 255 unités et le pari suivant devrait passer à 256 unités.
Cette progression ne modifie ni la roue ni les probabilités de chaque lancement : elle transforme seulement la taille des mises en fonction d’une série passée. Une suite de résultats favorables peut donner l’impression que la méthode fonctionne avec de petits gains répétés, alors que chaque nouveau doublement concentre davantage de mises sur un seul tour. C’est cette asymétrie entre gains unitaires et sommes exposées qui caractérise la martingale.
Pourquoi elle échoue : limites de table et capital
La martingale échoue dès qu’une série de pertes dépasse les moyens disponibles pour poursuivre les doubles. Une table de roulette fixe un minimum et un plafond de mise ; si le plafond est atteint avant le retour d’un résultat gagnant, la progression s’arrête, même si le joueur dispose encore d’argent. Le capital impose une limite similaire : il faut pouvoir financer à la fois les pertes déjà accumulées et la mise suivante, qui augmente de façon exponentielle.
Sur une mise à chances simples, 18 numéros sur les 37 de la roue française correspondent au résultat opposé ; le zéro constitue une issue supplémentaire sans gain. La probabilité de ne pas obtenir le résultat choisi est donc de 19/37, soit environ 51,35 %. Ce calcul découle des 37 cases de la roulette française, telles que les définit le règlement français des jeux dans les casinos, fixé par l’arrêté du 14 mai 2007. Pour les chances simples soumises à une règle de restitution au zéro, cette issue n’entraîne pas nécessairement la perte immédiate de toute la mise ; le chiffre de 19/37 désigne ici les résultats qui ne donnent pas le gain attendu.
Une probabilité légèrement supérieure à une chance sur deux de ne pas gagner sur un tour suffit à rendre les séries de pertes possibles et, sur une succession de tours, inévitables à l’échelle de l’expérience. La limite de table et le capital ne réduisent pas cette probabilité : ils déterminent seulement combien de doubles peuvent être engagés. Par exemple, avec une unité de 1 €, la séquence exige 127 € de pertes après sept défaites, puis 128 € pour le pari suivant ; une réserve de 200 € ne permet pas de poursuivre après une nouvelle défaite. La mise élevée nécessaire pour tenter de récupérer les pertes n’offre aucune garantie que le prochain résultat sera favorable.
Autres systèmes : Labouchère, d’Alembert
La Labouchère, parfois appelée système de la cancellation, commence par une séquence de montants choisie à l’avance. Le pari correspond à la somme du premier et du dernier nombre de cette séquence ; après une victoire, ces deux nombres sont supprimés, tandis qu’après une perte, le montant perdu est ajouté à la fin. La mise évolue ainsi selon la longueur et la composition de la liste. Une série de défaites peut allonger cette séquence et faire augmenter rapidement le montant demandé au tour suivant.
Le système d’Alembert utilise une progression arithmétique plus simple : après une perte, la mise augmente d’une unité ; après une victoire, elle diminue d’une unité, sans descendre sous la mise de départ. Contrairement aux doubles de la martingale, les hausses sont graduelles, mais une longue série défavorable peut tout de même conduire à des mises importantes et à des pertes cumulées. Les règles de progression ne changent pas les résultats possibles d’un lancer.
Aucun système de mise ne change l’espérance mathématique : pour les paris ordinaires sans restitution particulière du zéro, l’avantage de la maison reste de 2,70 % sur la roulette française. Labouchère et d’Alembert répartissent autrement le risque et les variations de mise ; ils ne transforment pas un jeu de hasard en méthode permettant de battre la maison.
Questions fréquentes sur la roulette
En France, la roulette de casino en ligne n’est pas autorisée aux opérateurs de casino, et les jeux d’argent sont réservés aux personnes âgées d’au moins 18 ans.
Combien vaut le zéro à la roulette ?
Le zéro est une case verte numérotée 0 : il ne vaut ni pair ni impair, ni rouge ni noir. Lorsqu’il sort, il fait perdre les mises sur les chances simples, ce qui contribue à l’avantage de la maison. Sur une table appliquant la règle de la partage, une mise concernée est réduite de moitié plutôt que perdue en totalité au zéro.
Quelle est la meilleure mise à la roulette ?
Aucune mise ne procure une espérance de gain supérieure aux autres dans une roulette standard : les écarts portent surtout sur la fréquence des gains et leur montant. Une mise au paiement élevé entraîne des résultats plus irréguliers, tandis qu’une mise au paiement plus faible peut gagner plus souvent sans améliorer l’espérance mathématique. Le zéro maintient l’avantage de la maison, même lorsque plusieurs mises sont combinées. La roulette reste un jeu de hasard : fixez des limites et ne misez jamais une somme nécessaire à vos dépenses.
La roulette française est-elle plus avantageuse que l’américaine ?
Oui : l’avantage théorique de la maison est d’environ 2,70 % sur une roulette à un zéro, contre 5,26 % sur une roulette américaine à deux zéros, d’après les calculs fondés sur les roues et paiements standards (2025). Le zéro supplémentaire augmente donc le désavantage théorique du joueur à mise égale. Sur certaines tables françaises, la partage ou la mise en prison limite la perte sur les chances simples lorsque le zéro sort; l’effet dépend de la règle effectivement appliquée. En France, la loi n° 2010-476 du 12 mai 2010 n’autorise pas les opérateurs de casino à proposer la roulette en ligne.
